Les femmes Lilloises

1

lesfemmeslilloises

La ville quatre fois née sous le signe de la femme !

Impromptu sur les femmes de Lille…les lilloises et leurs causes, hier … Et Femmes à Lille… aujourd’hui, Femme

citoyenne, Femme dans la famille et la Cité ou Femme dans l’Eglise…

Une ville est née sous le signe de la Femme vaillante… la lilloise

…Les Flandres, du moins ce que l’on appelait autrefois les Flandres, s’étendaient bien plus loin et comprenaient la Picardie, le Noyon, la Thérouanne (partie de l’Aisne)… les vignobles de la Champagne… et Gand, Bruges ou Ostende, rappelons-le !

 

C’étaient un royaume plus qu’un simple territoire convoité par les Grands !
Un royaume dont les princes sont les Chevaliers de Malte et les Croisés d’autrefois qui conquirent Jérusalem et la Terre Sainte, <Terra Santa> qui assure la visibilité de la France aujourd’hui encore largement, à Jérusalem ou Bethléem

Godblessour home persiste jusque sur la porte du Palestinien chrétien !

Lille, naturellement, n’est pas que sa cathédrale mais aussi « L’Canchondormoire » ((P’tit Quinquin) née à Lille en novembre 1853 et créée par Alexandre Desrousseaux, qui naquit à Lille le 1er 1820 au n°120 de la rue Saint-Sauveur… Marié avec Marie-Alexandrine Bracke, il éleva sept enfants.

Son fils aîné sera un peu plus tard maire deLille. ..

Le 17 Octobre 1918, Lille fut libérée ; le Père <La Victoire> (Clemenceau) fut à Lille le 19 octobre 1918. Le 21 Octobre 1918 les vainqueurs attendaient la venue du Président de la République française.

Lille avait encore sa célèbre guinguette de Wazemmes, « La Nouvelle aventure »…Les premières vespasiennes avaient fait leur apparition en 1851

Il y eut une « Belle époque » aussi dans la bourgeoisie lilloise, née de l’immense soulagement qu’on éprouvé les Grands quand ils furent certains que les ennemis ne viendraient pas s’emparer de leurs énormes fortunes.

On vit naître des expositions magnifiques : à Lille en 1884 eten 1902 ; à Tourcoing en 1905 ; à Roubaix en 1911…

Pour mettre un peu plus d’humanité dans leurs ateliers, les patrons créèrent des « chambres d’allaitement » pour les ouvrières jeunes mères…

Et pour remercier Dieu de sa bonté, les Dames patronnesses de l’Ordre du Sacré-Coeur firent construire une église qui porte leur nom, rue Nationale…

La charité chrétienne, à Lille, était déjà apparue vers la fin du XIVe et au début du XVe siècle où il était de bon ton dans la Noblesse et dans la Grande bourgeoisie de faire l’aumône aux pauvres.

Cette générosité se traduisait par la distribution de <méreaux>, sorte de pièces en plomb ou en cuivre que le bon sens populaire dénommait monnaie de singe !

Ce mot était pourtant d’origine latine puisque, selon l’Historien Hermant, il était tiré de « mérère » qui signifie mériter, ou de « mérir » qui veut dire récompenser…

La ville eut déjà un beffroi au XVIe siècle, et une Bourse des pauvres créée par l’échevinage local au secours des malheureux au XVIe s… (OEuvre de Philippe le Beau en 1506 et approuvée par Charles le Quint en 1515 et 1527)…

On enregistre là les premières corporations, et les ouvriers reconnus <Maîtres> après l’exécution de leur chef-d’oeuvre (ouvriers fabriquant la serge de laine mêlée de soie, ouvriers tapissiers ou ouvriers ayant fait preuve d’une capacité particulière).

Le premier chapitre de la Toison d’Or avait eulieu en 1432, créé à Bruges à l’occasion du mariage d’Isabelle de Portugal avec Philippe le Bon en 1430, par Philippe le Bon qui voulait glorifier l’Ordre de la Chevalerie le plus illustre de la Chrétienté et montrer la prestigieuse influence que celui-ci exerçait sur la vie, sur les moeurs, sur les lettres et les arts, à la Cour de Bourgogne…

Philippe le Bon (Philippus Bonus) promit à « Toison d’or » de toujours secourir la chrétienté et d’aller, sitôt que possible, combattre le Grand Turc !

Il ne put tenir sa promesse.

Les Lillois avaient déjà une Vierge royale, depuis l’inauguration de la Collégiale Saint-Pierre vers 1070

Philippe le Bon et Isabelle de Portugal assurèrent à la Madone lilloise (1430-1453) un magnifique sanctuaire: Notre-Dame de la Treille.

Comme ses prédécesseurs les Comtes de Flandre, le Duc de Bourgogne Philippe le Hardi avait cru un moment se faire accompagner de sa trésorerie au cours de ses fréquents déplacements, mais l’abondance des affaires à traiter et la multiplicité des voyages rendirent très vite impossiblevoire dangereuse, cette ‘’balade’’ des Gens de Comptes.

Le Duc fixa d’abord leur résidence à Lille en 1386.

Elle formait avec la Cour de Justice ce que l’on appelait la Chambre du Conseil. La Chambre des Comptes siégea d’abord au Château de la Salle puis fut transférée à l’Hôtel de la Poterne, rue Esquermoise, en 1413.

Vers 1540 Charles-Quint fera de cette Chambre la Chambre suprême des Pays de ‘’Par-deçà’’ ou Pays-Bas… On voit sur les jetons autour de l’Aigle impérial les Armes de Flandres, d’Artois, de Hainaut, de Limbourg et Namur.

En 1580 la Chambre sera transférée à Gandpar les Etats Généraux à l’instigation du Prince d’Orange mais reviendra à Lille deux ans plus tard et en 1667 sera transférée à Bruges puis à Bruxelles

La Cathédrale de Lille succède à la Collégiale Saint-Pierre, qui fut inaugurée en 1066 et consacrée par les Evêques d’Amiens, de Noyon et de Thérouanne.

Le roi de France Philippe 1er (élevé à l’Ysla, chez Baudouin, son tuteur), signa de son sceau la Charte de fondation qui établissait quarante canonicats, avec à leur tête, un président. Baudouin V, et Adèle de France eurent cinq enfants, dont Mathilde qui, en épousant Guillaume le Conquérant en 1053, sera la première Reine d’Angleterre.

Quant à Adèle, elle fonda l’Abbaye de Messines et y mourut le 8 janvier 1079. On l’enterra dans la crypte.

C’est de cette façon que tout commença vraiment…(Ph. Archives B.N.F.) Histoire… Selon Derode et Van Hende l’histoire de ces femmes serait … légende.

Selon Alexandre de St-Léger… les Lilloises, ardentes, vaillantes, sont symbolisées par cette Femme qui défend la ville et qui affronte les assaillants, des Hurlus (les hurleurs) qui attaquent Lille le dimanche 29 juillet 1582 à l’heure où l’on célèbre les Vêpres

Histoire également, et non légende, d’une autre Lilloise, qui habita Lambersart (périphérie lilloise) Gabrielle Bouveur, morte à Ravensbruck, le 24 novembre 1943 en déportation.

Sous le signe de la Vierge : la constructionde la Cathédrale N.-D. de la Treille Vierge de la barque, Vierge de la vigne… cathédrale inspirée par une impératrice…

La liturgie de la compassion et de la rédemption est inscrite dans l’architecture des bâtiments consacrés à la Vierge aux cités… « Insula civitasVirginis ».

Une Vierge se révéla pour les Flandres et une ville des Flandres fut alors consacrée à la Vierge par son mayeur (son maire), Jean le Vasseur, au XVIe s.1854 La fondation de la chapelle absidiale 1924 Construction des voûtes de la crypte du transept Inspirée par Eugénie de Montijo de Gutzman,

impératrice, épouse de l’Empereur Napoléon III.

Sous le signe de la Vierge : la construction de la Cathédrale N.-D. de la Treille. Vierge de la barque, Vierge de la vigne… cathédrale inspirée par une impératrice…

La liturgie de la compassion et de la rédemption est inscrite dans l’architecture des bâtiments consacrés à la Vierge aux cités… « Insula civitasVirginis ».

Une Vierge se révéla pour les Flandres et une ville des Flandres fut alors consacrée à la Vierge par son mayeur (son maire), Jean le Vasseur.

Au XVIe s. Inspirée par Eugénie de Montijo de Gutzman, impératrice, épouse de l’Empereur Napoléon III, la cathédrale qui, pendant le temps de sa construction [puisque la première pierre fut posée en 1854], connut trois guerres, fut inaugurée en décembre 1999.

C’est un joyau un peu froid de l’Art moderne, où demeure suspendu le souvenir d’un meurtre qui laisserait planer, selon une légende locale, une odeur sulfureuse perceptible à certains qui ne s’approchent de la sacristie où le crime aurait été commis, qu’avec une gousse d’ail protectrice dans la poche…

Un joyau, auquel parfois, le chant des enfants donne un surcroît d’âme nécessaire.

Sous le signe de la Déesse, imprégnée de la forme imprévue de la Grande déesse isiaque antique Inauguration de la « Déesse », en 1845, une colonne commémorative du siège de Lille en 1792 Au XXe s.

La Grand’Place fut macadamisée pour le confort des voitures…

Il reste un gros pavé, au centre, pour mémoire des chevaux…

Genèse : Cette Isis primitive avec Osiris revivifié, et Mithra, venant principale, après d’autres dieux, précéda l’Eglise canonique où pourtant l’Eglise hérétique gnostique imaginera Simon de Cyrène crucifié à la place de Jésus.

Elle, hérite de la gnosis grecque (une idée de la Connaissance comme évocation d’un absolu de savoir possible), avec l’Evangile de Thomas Didyme, frère de Jésus… se connaître car Dieu est en soi…tout était là… il manque éventuellement l’étincelle pour que la foi soit ravivée, d’un christianisme qui finalement a triomphé parce que tout menait à lui, la résurrection fondant la typologie du modèle.

Pourtant au Brésil l’Eglise pentecôtiste dans l’Eglise traditionnelle, comme en Europe l’Eglise charismatique, lui fait une place belle…C’est le peintre David qui eut l’idée de faire édifier au coeur de la ville un monument commémorant l’attitude de la population lilloise et de ses Canonniers, lors du siège des Autrichiens, du 29 septembre au 8 octobre 1792.

Le monument fut construit sur les plans de l’architecte Benvignat, et la statue de bronze, sculptée par Bra. Les Lillois la baptisèrent « Déesse » ; elle reproduisait les traits de la femme du maire, L. Bigo-Danel et montrait symboliquement le désir de la ville de demeurer républicaine.

La Déesse brandissait un bâton muni d’une mèche allumée (un boutefeu) et montre du doigt sa présence qui constitue un défi lancé aux assaillants.

On entend le vent parfois, des plages, là-haut et le bruit de la mer qui déferle à Dunkerque ou Ambleteuse…

Dans une autre interprétation, on affirme que la Déesse tient une quenouille qui symbolise le travail des tisserands et des fileurs et filetiers des usines et retorderies de la région du Nord.

Les deux versions ne sont pas incompatibles ni antinomiques !

La Gd-Place de Lille au début du XXe siècle, alors que se construit la cathédrale. Il y a belle lurette que les attelages à chiens sont interdits, et qu’est levée l’interdiction de fumer dans les rues où les maisons étaient en bois et que la hantise pour tous, était le feu.

Sous le signe de la femme maternelle du Nord, la Lilloise (Françoise) qui berce son enfant Sous celui à la fois de l’eau puisque la cité première de Baudouin V <de Lille> (qui se maria avec Adèle de France) était une isle (Isla) dont il fit sa Place forte, <Islence> qui devint … Lille et

Sous celui de Jeanne de Constantinople (Jeanne de Flandre) Sous celui de la « femme-courage » Jeanne Maillotte, une cabaretière qui chassa les Hurlus (voyous de Menin) avec les femmes de Lille, en appelant ensuite à la rescousse les Archers de Saint-Sébastien, le 29 juillet 1582.

Le premier catrum, que l’on appelle <Le Vieux Lille> apparaît au XIe siècle, c’est le coeur de lacité La statue du Petit Quinquin, semblable à ses modèles, au Square Foch (du P’tit Quinquin) à Lille, que nous avons toujours connue, s’imprègne de <l’chanson-dormoir> de Desrousseaux.

Il la voulut symbiotique à cette mère qui berce l’enfant dans l’une des rues pauvres et puantes dont parle Victor Hugo quand il écrit notamment sur « les caves de Lille ».

Cette femme est emblématique de l’Histoire des femmes du Nord… et l’Histoire en même temps de celle de la Poésie, qui se place comme évocatrice, interprète, et commentatrice des congruences ou des incongruités de l’Histoire.

On jetait les eaux usées dans le caniveau puisque le tout-à-l’égoûtétait loin d’être une réalité !

La ville fut fortement marquée par les contrastes ; on voit ici, la guinguette de Wazemmes « La Nouvelle Aventure », qui fut si célèbre et entendit tant la valse et la polka…

Au milieu du XXe siècle encore, les disparités étaient toujours très grandes dans la ville.

C’est finalement la Guerre 40/45 qui a un peu nivelé des situations par la force des choses et fait en même temps mourir des industries autant qu’adoucir des différences entre les classes de la société citadine.

Elle était, notamment à Lille-Roubaix- Tourcoing, Avesnes, Arras, Merville…Béthune, Valenciennes… une société de caste, société principalement chrétienne et souvent paternaliste (avec parfois un sens positif), ou d’origine juive, constituée de la fileterie, du charbon, de l’acier (Fives-Lille- Caille ou Kuhlman St-André et bon nombre d’autres), du commerce import-export et ce depuis la moitié du XIXe siècle.

Une part de société qui affichait condescendance ou mépris, son argent qui fructifie en bourse la nuit et donne la suprématie, ses maîtresses ou son puritanisme, enfin ce qui peut rassurer certain sur soi-même.

Lille est Fille de Jeanne mais aussi Fille des Eaux…

Le cadre initial du berceau de la ville fut celui des douves puis celui des béguines, celui des canaux et de la Deûle basse, de l’écluse et la Hte-Deûle, du Pont-Neuf, des ponts, des fontaines. Quelque chose de Bruges, alors !

Ceci n’est plus qu’un souvenir !

Lille et sa périphérie ont recélé nombre d’imprimeries et d’ateliers de photocomposition…et ses villages proches ont été ces lieux où l’on vit les hommes, les enfants, les femmes, au charbon…

Elle est superbe, au XXIe siècle, à une heure en TGV de Paris ou de Bruxelles… proche du Tunnel sous la Manche et de Londres…

A Boulogne, à Dunkerque les Hommes chaque jour vont à la pêche comme ils l’ont toujours vu faire à ceux qui leur ont appris comment aborder la vague, la couper, éviter de la prendre en face mais au contraire la dompter pour mieux aller à l’autre, presque en se jouant des embruns et des orages, sous la protection de ces femmes qui ont aimé les hommes, apporté leurs encouragements aux marins perdus …

Nausicaa, Amphitrite, déesses dans l’éternité des temps qui, sur les eaux, veillent…

Nos marchés sont les lieux de vie où avec leurs femmes, ils nous apportent le poisson de façon ordinaire, quotidienne, même quand la mer fut difficile…

Dans le détroit de la Mer du Nord, là, tous les océans se confondent à travers les bras noueux, les manoeuvres répétitives et expérimentées, le travail de l’Homme…

Madeleine CorfmatDoct. Hist. et litt. Anciennes. Univ. Lille 3 Ch .de.Gaulle © Soutenance 16.12.2007
[sliderpro id=”7″]